Quand la SF fait machine arrière

De Kim Stanley Robinson, spécialiste de hard SF, je gardais un mauvais souvenir de sa trilogie sur la terraformation de Mars (j’ai pas lu les 3 : j’ai dû lire le 1, commencé le 2, avant de me demander pourquoi je m’infligeais cette purge). On retrouve d’ailleurs ces défauts dans ce nouveau pavé qu’est Aurora : explications techniques à rallonge, personnages sans grande profondeur, répétitions…. L’intérêt n’est pas là.

Il est que 20 ans après, Robinson prend l’exact contre-pied de sa trilogie. Sur le vaisseau arche Aurora, parti pour un voyage de 150 ans pour coloniser Tau Ceti, rien ne se passe comme prévu. L’humanité se décompose parce qu’elle ne parvient pas à créer un écosystème persistant (et oui, notre capacité à conquérir l’univers est bien plus liée à notre capacité à entretenir un écosystème complexe, à fabriquer un sol, qu’à fabriquer un propulseur)… Et le rêve de conquête est terrassé par une simple bactérie !
Notre rêve d’expansion intergalactique n’est qu’un rêve ! “Tu sais ce que je trouve le plus bizarre ? C’est que quelqu’un ait pu croire que ça marcherait.” Tant et si bien que les colons tenterons un demi-tour…

“La vie est une manifestation planétaire qui ne peut survivre que sur son monde d’origine”. D’un coup la SF abat ses propres rêves, et ça c’est tout a fait passionnant !

Hubert Guillaud

A propos du livre de Kim Stanley Robinson, Aurora, Bragelonne, août 2019, 480 pages.

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