Coincés dans les marchandises

Dans Les besoins artificiels, le sociologue Razmig Keucheyan tente de nous aider à trouver des solutions pour briser le consumérisme. Pour cela, il dresse une histoire politique de la consommation et éclaire nos actions à venir des luttes passées, comme s’il suffisait d’accélérer les solutions d’hier pour lutter contre nos addictions présentes. Pour se défaire de la marchandise, nous devons collectivement réinterroger notre trouble compulsif, à l’image des alcooliques anonymes. Nous défaire de la fascination de la nouveauté, du changement… et pour cela il propose d’étendre les garanties pour le consommateur pour étendre la responsabilité des producteurs, d’ouvrir les boîtes noires des produits en favorisant la robustesse, la démontabilité, l’interopérabilité et leur évolution… On ne pourra qu’être d’accord.

Pourtant, son livre reste court sur comment distinguer les besoins, lesquels satisfaire, lesquels interdire. Nous avons certes à en discuter, mais avec quelle boussole ? Un livre riche, mais très idéaliste. A l’heure où nous surproduisons des objets et des besoins, on a l’impression que les quelques règles de bons sens que rappelle Keucheyan n’ont pas eu beaucoup d’impacts jusque là ! Qu’est-ce qui va permettre qu’elles en aient plus demain ?

Hubert Guillaud

A propos du livre de Razmig Keucheyan, Les besoins artificiels, comment sortir du consumérisme, La Découverte, collection “Zones”, septembre 2019, 208 pages.

Voir également notre article : “Défaire la tyrannie du numérique”, InternetActu.net, octobre 2019.

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