Le champignon du capitalisme

L’anthropologie est décidément surprenante. Elle parvient à mêler le singulier et le pluriel, à explorer les mondes dans leur plus vaste complexité et leurs plus précis agencements. Mais, si elle n’était qu’une science descriptive, elle flirterait au mieux avec la littérature comme les meilleurs écrivains voyageurs. Non, elle est aussi une science en action qui produit de la théorie actionnable, une compréhension du monde dont les enseignements vont bien plus loin que les milieux auxquels ils s’appliquent. Le long livre de Anna Lowenhaupt Tsing sur les champignons Matsutakes est incroyable. Depuis une enquête minutieuse à la fois biologique, écologique, économique, locale et globale, l’anthropologue décortique le capitalisme et nous offre de nouveaux outils conceptuels pour l’appréhender, le tout dans une langue magique, mêlant petites et grandes histoires. Une enquête magistrale et épatante. Un grand livre de science humaine déjà.

Hubert Guillaud

A propos du livre de Anna Lowenhaupt Tsing, Le champignon de la fin du monde, sur la possibilité de vivre dans les ruines du capitalisme, La découverte, collection “les empêcheurs de tourner en rond”, août 2017, 416 pages.

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